...à travers les séries télé américaines.
Vaste phénomène contemporain, les séries télé américaines perpétuent l'illustre combat du Mal contre le Bien, version rentable et jusqu'à ce que le plagiat des autres séries ne se remarque pas.
Dans ces séries, il y a le gentil, personnage principal et il y a le méchant. Le héros est beau avec ses traits particuliers. Il est censé évoluer au fil du temps, progresser vers son but ultime, que bien souvent les scénaristes repoussent par plaisir sadique. Il est normalement en CDI. Le méchant, lui, n'est là que pour se prendre une branlée par le gentil. Sa durée de vie est d'un épisode en général, et plus s'il a de la chance. Comme un moustique un soir d'été, il faut qu'il se fasse remarquer avant que la claque tombe.
Vous voyez donc où je veux en venir : il faut beaucoup plus de méchants que de gentils pour faire une série correcte. Il faut donc beaucoup plus de seconds rôles que de rôles principaux. Les États Unis étant suffisamment petits et peu ouverts aux étrangers, on se retrouve donc très rapidement avec de la consanguinité méchantesque à travers les séries.
Et c'est là que nous entrons au cœur de la théorie du méchant dans les séries télé, à travers quelques exemples.
Théorème de base : si un nouveau personnage secondaire est un méchant dans une autre série, alors c'est le méchant dans l'épisode en cours.
On peut citer le grand méchant de service Zeljko Ivanek qui dès qu'il fait une apparition, c'est pour faire la crevure.
Dans le pilot de Mentalist (Dr. Linus Wagner, et il revient après), dans Heroes (Emile Danko), ou encore en preneur d'otage désespéré dans House (Jason), il est partout. On me fait signe à ma droite qu'il a sévi dans Bones, 24H Chrono et True Blood mais là, je ne peux pas me prononcer. A la vue de sa filmographie, j'en ai encore pour un moment à me taper des navets pour prouver ma théorie. Il arrive c'est un témoin qui passait par là sur la scène de crime et puis en fait c'est lui l'assassin. Voila. Ne cherchez pas plus loin.
Robert Knepper collectionne aussi les rôles d'enflure de première. Tout droit échappé de Prison Break (T-Bag le evil pédophile) où il méfait pendant toute la durée de la série, il est encore méchant meurtrier dans Esprit Criminel (1 épisode de la saison 6). Il est aussi appelé sur le casting d'Heroes (Samuel Sullivan) pour sauver un peu la sauce avec son charim'se de bad guy dans la saison 4. A ses heures perdues, il joue aussi le dangereux soldat Simeon dans Stargate Universe. Et sinon, votre enfance, c'était bien ? C'est un méchant qui dure plus longtemps que les autres, il doit payer ses croissants en arrivant sur un nouveau tournage.

Théorème étendu : Un méchant ne peut pas être plus méchant que dans une autre de ses apparitions dans une autre série plus ancienne.
Sorte de bonification avec l'age.
Citons alors Raphael Sbare qui a du jouer dans toutes les séries possibles du monde d'après sa fiche IMDB. Quelques exemple : c'est un faux prêtre et vrai sadique dans Prison Break, un flic corrompu dans la dernière saison de Burn Notice, un père incestueux dans Mentalist. A chacune de ses apparitions, il fait son taff de méchant et puis il meurt ou se fait arrêter sans rechigner. De toute façon, avec sa tête, il ne pourra jamais s'en tirer.
Un autre mec condamné à être méchant à cause de sa tronche c'est Michael Rooker. Le pauvre. Il ne pourra pas devenir plus méchant qu'il ne l'est, parce que de toute façon, il touche le fond dans chacun de ses derniers rôles. Brutal et raciste récemment dans Walking Dead, il est aussi le mercenaire de base brutal dans Burn Notice, et avant il a été assassin dans New York Police criminelle. Pas mal hein ?
Théorème 2 : Si un méchant est un gentil dans une autre série, alors c'est pas lui le vrai méchant.
Mais ça peut être un sacré connard tout de même.
Jack Coleman, aka N. Bennet dans Heroes, J. Dugan dans House (1 épisode), M. Winter dans Mentalist (1 épisode, mais on le reverra je pense) qui collectionne les rôles de gentil-méchant et de papa protecteur.
Michael C. Hall, le serial killer Dexter qui fut un gentil fils à sa maman dans 6 Feet Under (D. Fisher) (bon je vous l'accorde, c'est pas vraiment un second rôle et il n'a pas une carrière super longue, mais j'en avais besoin pour la conclusion.)

Ce qui nous amène à la conclusion suivante (comme par hasard) : ce dernier offre un espoir à tous les autres. Oui, il y a une issue après être devenu méchant-meurtrier. La vie n'est pas fini, le bonheur sans violer des petits enfants est possible.
La prochaine fois si vous le voulez bien, nous étudierons les méchantes dans les séries télé, si j'ai le temps, si la lune est en phase avec Jupiter dans le décan du scorpion et les spaghettis à la bolognaise.
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